Gite Sèvre Maine

 

Vertou, Coeur du vignoble nantais

HORAIRES

Lundi de 9:00 à 19:00
Mardi de 9:00 à 19:00
Mercredi de 9:00 à 19:00
Jeudi de 9:00 à 19:00
Vendredi de 9:00 à 19:00

 

Sur la région

 

Histoire du gite, du Moyen-Age à nos jours (2)

L'histoire du gite, contée en deux articles :

Demeures et propriétés vertaviennes : Les avineaux | Vertou au fil des siècles, Toponymie vertavienne et Moyen-Age

 

 

Vertou au fil des siècles, Toponymie vertavienne et Moyen-Age, Michel Kervarec

Pour terminer ce périple à travers Vertou, au sud de la Sèvre et de la Maine, nous allons revenir au village de la Bastière pour emprunter la voie des coteaux qui nous mène au village de la Blandinière pour aller mourir dans les prairies au confluent des deux rivières. Le village est bâti en un secteur très vallonné. On y remarque les lieux-dits la Barre et le Clois. Une famille Blandin a laissé son nom au hameau. Au coeur de celui-ci, un chemin étroit et en forte pente nous mène vers un ruisseau qu'il franchit par un ponceau. En haut de l'autre versant, se trouve le village des Avineaux construit en un site remarquable par son relief accusé et son isolement. Il s'agit d'un éperon formé par le vallon que nous venons de voir et la vallée aux pentes abruptes de la Maine. L'éperon était gardé, au Moyen Âge, par le château seigneurial des Navinaux, en lieu et place du hameau aux allures de manoir-ferme à cour fermée ou semi fermée que nous voyons aujourd'hui.

Le nom les Avineaux est un avatar moderne de les Navinaux, appellation provenant d'un ancien passage d'eau sur la Maine et signifiant "les petits bateaux" ou "navicules". C'est aussi à ce passage que la terre de la Felleterie (la Felletrye en 1601) doit son nom. La felete était une sorte de barque. Le seigneur des Navinaux avait entre autres, "le droict de pescherie et passaige aux batteaulx ". Cette seigneurie, au Moyen Âge, appartenait aux marches avantagères à la Bretagne, ce qui est rappelé par la vigne de la Marche et le lieu-dit le Chemarche, le Chef de Marche, la limite, appellations notées dans des pièces anciennes. On ignore tout ou presque de la formation des marches, comme on ignore dans quelles conditions et quand cette seigneurie, comme d'autres, fut rattachée au comté de Nantes. Le plus ancien seigneur connu est Artur de l'Ebrest, époux de Françoise Leveneur, à qui succède Jehan de l'Ebrest, mentionné en 1492. Dans la second moité du 16ème siècle, on note Gilles de Saint-Amatour puis Jacques de Soubilliers, baron de Courcy (1576). Les aveux du 15ème siècle indiquent qu'il y a droit de basse, moyenne et haute justice attachée à ce fief,
"garenne et reffuge a connilz ", etc.



La Maine, Ancien passage d'eau des Avineaux

 

Aux avineaux


La toponymie du cadastre est limitée. On retient les Mils, qui désigne le haut de l'éperon, et les Feux, à toucher les bâtiments. Dans ce dernier cas, les aveux du 15ème siècle nous restituent les Fuies. Le nom les Mils n'y est malheureusement pas cité. On note qu'à l'époque, la maison des Navinaux était désignée par le mot hostel. La terre faisant face au porche de la cour est cadastrée l'Ouche de la Porte, ce qui correspond à la Vigne Hors la Porte du 15ème siècle et ce qui montre que le fonds actuel du bâtiment a ses origines à la fin du Moyen Âge.

Dans les actes anciens, apparaît le lieut-dit le Dreuil, le Droil ou encore le Drueil, d'un mot ayant le sens de chêne et rencontré dans le Drouillet. Je n'ai pu localiser précisément le lieu ainsi désigné. On accédait au passage d'eau par un chemin en forte pente, peut-être le Pas de la Rotte de certains actes. Le lieu d'embarquement était dit le Port-Chardonnay ou encore le Port de Goule de Maine (le confluent est à 300 mètres en aval). Sur l'autre rive, la navigation aboutissait aux abords du château seigneurial du Coin, en Saint-Fiacre.

A proximité immédiate des Avineaux, se trouve la demeure dite la Maison-Blanche, autrefois la Chenarderye, d'un nom de famille. Entre celle-ci et le hameau de l'Angebert était une terre dite les Blanteries (à la fin du Moyen Âge les Belutryes), peut être du verbe bluter et en rapport avec l'existence d'un moulin. Entre les Avineaux et la Maison-Blanche, se situe le Rocher ou le Petit-Rocher. Une fois de plus, on peut supposer la trace d'un mégalithe. Marionneau a signalé l'existence de ce qu'il appelle un "tombeau celtique ", selon les critères de son époque, au village voisin de la Blandinière. Cet ensemble, selon sa description, se présentait comme une enceinte de huit pierres dont cinq étaient juxtaposées. La terre se nommait la Masure ou les Petites-Lesches. On remarque la correspondance entre des mégalithes et le lieu-dit la Masure mais, dans ce secteur, la présence de ruines gallo-romaines dans le sol est également attestée. Le sens du mot lesche, dans ce contexte, pose problème. On fera un rapprochement avec laische qui a désigné une lame d'épée (cf. les Brettes).

Ici se termine notre randonnée à travers Vertou, mais est-ce bien une fin ?

Article tirés de la revue Regards sur Vertou, N°5 

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